lundi 7 juillet 2008

Leaving Perth

Leaving Perth

Nous voilà repartis sur la route. Nous fermons la parenthèse Perth non sans quelques émotions.
Laurie a quitté le restaurant avec une boule au ventre. Elle y serait bien restée encore et encore, si j’avais pu trouver un boulot intéressant, si nous n’avions pas prévu de rentrer en France en Août et d’aller en Corse peu de temps après notre arrivée, si nous n’avions pas hâte de revoir familles et amis.
On dit qu’avec des « si » on pourrait mettre Paris en bouteille, ici les « si » nous auraient permis de rester un peu plus.

Donc, nous revoilà dans le train argenté de l’Indian Pacific. Nos yeux, tels des caméras, enregistrent ces paysages que nous ne reverrons sûrement jamais.


Au fur et à mesure que nous nous éloignons de Perth et que la nature reprend ses droits, nous retrouvons les couleurs de l’Australie.
Cette terre déclinant toute les nuances d’ocres, rouges, jaunes et orangés.
Le ciel bleu azur sans un nuage.
Et les verts de gris, verts orangés, verts foncés, verts clairs… des feuillages des eucalyptus.

Nous n'apercevons pas un cheval au galop mais un troupeau de kangourous et de dromadaires.
Ce qui n'a rien d'étonnant puisque nous avons appris qu'en Australie il y a de nombreux troupeaux de dromadaires et chevaux sauvages.

Après un poil plus de 2 jours de train, nous revoilà à Adélaïde en transit, prêt à repartir à l'aventure.

La Parenthèse Perth (longue parenthèse je le reconnais)

Nous ouvrons donc la parenthèse Perth sous la pluie. Un taxi nous dépose au Shiralee Backpacker.

Mention pas mal mais peu mieux faire (surtout après celui d’Adélaïde qui était parfait ou presque).

Nous avons eu à peine le temps de déposer les sacs (nous n’avons même pas encore notre chambre prête) qu’un français déboule trempé dans le backpacker, en proposant du boulot pour qui veut mais à prendre immédiatement. On nous avait dit qu’à Perth il était facile de trouver du boulot mais là c’est mieux qu’on l’espérait.
Donc, crever après 2 jours et 2 nuits de train, je laisse Laurie au Shiralee, et suis ce français nommé François, sous la pluie avec 2 autres gars.

Ainsi commence l’histoire Reece’s (c’est le nom de la boîte). Elle durera un peu plus d’un mois, un mois et demi.
Monter, démonter, nettoyer… tentes, barrières, stands, chaises, tables… Virgin Festival, V8 supercars, Australian Football League (footie)…
Mais je n’ai pas envi de m’attarder plus longtemps sur cette histoire.

J’ai plutôt envi de vous raconter notre auberge espagnole.
Ça va être un peu décousu mais bon, ça donne un peu un style Klappish.

Pendant ce temps, Laurie déprimait un peu toute seule, les premiers jours n’ont pas été très faciles pour elle.
Puis un soir, elle est toute contente de m’annoncer qu’elle a trouvé une colocation pour nous.
Je n’ai pas eu le temps de visiter et lui ai fait confiance.

J’ai eu raison.
Laurie nous a trouvé une maison en colocation.
Nous sommes accueillis par Oldo le suisse allemand fêtard, Yohannes le boulanger allemand, un ours vivant la nuit et dormant le jour, et Nicolas (hummmm) un chef cuisinier français que l’on nommera plus tard Franck Dubosc (à juste titre).

Romain nous a rejoint dans cette maison une dizaine de jours plus tard.
Bruno ou Brunino, un brésilien vient squatter/partager la chambre avec Nicolas.

Laurie a trouvé du boulot dans un café grâce à Nicolas, elle y fait la connaissance de Akiko, une japonaise rigolote puis plus tard de Steven, un français dreadeux bien cool.

Oldo sera remplaçé plus tard par un français, Olivier du 92, euh non en fait par un français et demi, le demi c’est julien du 92 aussi qui passe en coup de vent dort une nuit par ci par là au grès de ses pérégrinations nocturnes.

Nicolas est parti avec 2 italiennes en trip van sur la côte Ouest. Bruno ou Bruniño, un Brésilien, a pris sa place officielle dans la chambre, et Laurie l’a remplacé à son boulot. Un resto à l’ambiance fort sympathique. Elle y a fait la connaissance de Kath sa copine, Daniel le chef, et Taz le cleaner…

Pour ma part, j’ai retrouvé un boulot dans un liquor shop (les supermarchés ne vendent pas de l’alcool en australie, il y a donc les liquor shop pour le faire. J’y fais la connaissance de Pat, Naomie, Michael…
Bref nous avons fait énormément de rencontres.

Les au revoirs ont été compliqués et riches en émotions comme vous pouvez l’imaginez.

Pour ce qui est de Perth et environs, c’est la ville que nous avons préférée.


Et pour cause, nous l’avons parcouru en long en large et en travers.
Des heures et des heures de marche (facilement entre 1h et 2h de marche par jour voire 3 de temps à autre).
Pour visiter, pour se rendre au travail, pour se retrouver, pour aller faire du « shopping », pour sortir le soir, sous la pluie battante, le soleil de plomb, lecteur MP3 branché aux oreilles, au milieu des voitures, des travaux, courant après le temps, calculant les trajets les plus court ou au contraire prenant le temps de faire tours et détours, flânant dans les parcs de la ville ou buvant un affogato à la terrasse d’un café…


Bref je crois n’avoir jamais autant marcher de ma vie.

J’aurai dû me faire sponsoriser par la marque de mes chaussures qui entre nous soit dit ont commencé à rendre l’âme à Perth (vive la colle).


Là encore, il y a beaucoup trop de choses à raconter.
Le CBD (centre des affaires) n’est pas immense mais en pleine expansion, les grattes ciels poussent comme des champignons.
Le meilleur endroit d’après moi pour avoir une belle vue de Perth est King’s Park. Un parc perché sur une colline en face du CBD.


Nous avons fait de nombreuses excursions nocturnes dans le quartier de North Bridge. De pubs en pubs, de boîtes en boîtes…

Nous nous sommes baignés dans l’Océan Indien à Cottesloe (une suburb de Perth).
Nous nous sommes promené à Subiaco et Fremantle.
Je suis retourné plus tard à Fremantle pour visiter la Brasserie de Littles Creatures (enfin une bière potable en Australie) et pour y jouer à la pétanque.
Oui oui vous avez bien lu ! C’est peut-être le seul vrai terrain de pétanque d’Australie héhéhéhé.
Bon, il n’y avait pas le pastaga mais l’ambiance y était, nous y avons débarqué à 3 frenchies et un belge et on s’est bien marré…


Bref que de bons souvenirs à Perth. Romain pourra sûrement plus vous en raconter quand on rentrera car il a fait un tour d’une semaine au Nord de Perth, nagé avec les requins baleines, caressé les dauphins…

Sur ce, je referme la parenthèse Perth.
Pourquoi parenthèse? Parce que nous n'avons pas réellement voyagé pendant cette période de temps. Mais ce fût une parenthèse fort sympathique à vivre.

Far Far West

Far Far Far away.

Nous montons dans le train argenté de l’Indian Pacific. Direction Perth.
Le train est immense, environ 700 mètres de long, le tout tiré par des locomotives diesel. Le confort n’est pas vraiment au rendez-vous toutefois c’est tout de même mieux que lors de notre trajet Melbourne Adélaïde.

Notre machine à voyager dans le temps (et un peu dans l’espace aussi, je le reconnais, un trajet Adelaïde Perth est tout de même, un voyage à l’échelle européenne un voyage de Barcelone à Istanbul).

Donc nous voilà parti pour un peu plus de 2 jours de trajet en train.
C’est quelque chose de parcourir de longues (très longues) étendues sauvages en train.
L’impression que l’on ressent est un retour dans le temps.
Retour à l’époque du Far West.
La traversée du désert de la Nullarbor Plain y est certainement pour quelque chose.


C’est immense, une étendue aride à perte de vue à droite comme à gauche du train, plus exactement une étendue de terre rouge légèrement recouverte d’herbes grisâtres et de petits arbustes aux feuilles grises claires bleutées. Pendant une journée entière ce n’est que ça, la planète Mars.

Les seuls liens tenus avec la civilisation sont les rails.

Ils forment the longest straight stretch of track in the world (plus aisé à dire en anglais qu’en français : la plus longue ligne droite de chemin de fer au monde) environ 450km de ligne droite, environ un Nice - Lyon sans dévier d’un millimètre (enfin j’exagère peut-être un peu mais pas beaucoup). Je suppose que le conducteur doit boire 3 litres de café par jour pour ne pas s’endormir lors de la traversée.
Cette ligne droite a une perspective réellement hypnotique, un peu comme ces dessins d’illusions optiques où l’on voit converger je ne sais combien de lignes droites vers le point de fuite au centre de la feuille.
Comment puis-je le savoir puisque lorsque l’on se trouve dans le train, on ne voit pas ce qui a devant ?
Et bien, nous nous sommes arrêté à Cook.
Ca sonne pas mal Cook, non entre le Western et le film de pirates (hook).
C’est là où le train fait un arrêt pour changer de chauffeur ( lol épuisé par sa traversée), faire le plein… et nous permettre de nous dégourdir les jambes ainsi que par la même occasion visiter ce village perdu au milieu de nulle part.
Il y a eu à une époque 120 habitants, aujourd’hui il n’en reste plus que 4 ou 5 (dont uniquement 2 permanents).
Ici le terme « ville fantôme » prend enfin tout son sens.
Les habitants semblent à la fois avoir déserté le village hier et il y a plus de 50 ans. Un peu comme si le temps s’y était arrêté.
La piscine municipale ressemble à une jardinière géante, des herbes traversent le bitume du terrain de basket, des véhicules se décomposent doucement, il y a même une prison/cellule au barreau tout érodé par la rouille.
En contre partie, il y a encore des dessins d’enfants accrochés au mur de l’école, des meubles dans ce qui était l’hôpital ou l’infirmerie…
Le temps y est stoppé, l’impression en est presque oppressante.
C’est lors de cet arrêt que j’ai pu voir ce qu’il y avait devant le train : ces rails se perdant à l’horizon.


A un moment, le train dépasse un cheval qui s’enfuie au galop dans le bush désertique. Vision fugitive restant gravé dans ma mémoire.

Le voyage continue vers l’Ouest.
Enfin, nous apercevons des lueurs dans la nuit.
Elles se révèlent être les éclairages des mines de Kalgoorlie. L’une des principales villes minières d’Australie.
Kalgoorlie est notre second et dernier arrêt avant Perth (je ment un peu, nous nous sommes arrêtés en plein milieu de nulle part dans la Nullarbor Plain pour déposer quelqu’un, un 4x4 était là pour l’attendre au bord des rails).
Un peu déçu par Kalgoorlie, c’est vrai quoi, j’avais plutôt imaginé la ville classique de prospecteur, c'est-à-dire avec des vieux mineurs barbus bourrés tirant au pistolet en l’air. Hummmm.

Ce n’est pas la première (ni la dernière fois) que mon imagination me joue des tours.
Nous arrivons le lendemain à Perth sous la pluie. Super pour la, je cite, « Sunniest city of Australia ».

Adélaïde

Voici un petit résumé de notre mois d’avril.

En une phrase : Toujours plus loin vers le Lointain Ouest Australien.

Nous partons de Melbourne après avoir dit au revoir à Gael et fait notre Adieu au Van Uatuu… Ce van qui nous a permis de voir bien des choses, nous permettant d’aller de surprises en surprises comme vous avez pu le lire dans nos « aventures » précédentes.
Nous ressentons tous cette petite boule au ventre, nous tournons la page (vous aussi d’ailleurs… ; ) ), une nouvelle page vierge est là à attendre que je tape nos aventures à venir.

Notre nouveau compagnon de voyage va être le train.
Hey mate ! We did a real good deal, a bargain !! : we paid 600 bocques for a ticket wich allow us to travel free on the 3 major railway companies for 6 months. Oups sorry mate, mais je me suis dit qu’en écrivant un peu en anglais je vais peut être rassurer nos parents sur notre évolution dans la langue de Shakespear (Joelle, s’il te plaît, ne balances pas mes erreurs d’orthographe, merci)
Donc nous prenons tout d’abord celui de la compagnie Overland (ligne Melbourne/ Adélaïde) qui va nous mener de Melbourne à Adélaïde.
Un long train tracté par une motrice diesel. Pas vraiment confortable, bruyant mais bon nous n’en avons que pour 8 heures de trajet .Tiens ! C’est marrant mais mon échelle personnelle de temps et distance semble s’être adapter à la taille du pays, en France j’aurai plutôt dit nous en avons pour 8 longues heures de train… Bref, le personnel par contre est bien plus aimable et serviable que celui de notre « chère » société nationale…

8 heures plus tard, nous arrivons à Adélaïde, nous sommes accueillis comme des rois, notre backpacker a envoyé une petite navette pour venir nous chercher. Cool non ?

L’ Annie’s Backpacker est vraiment sympa, petit dej’ gratuit, et dîner de même, à condition de prendre une boisson le soir venu.
Quelle meilleure façon de nous plaire, que de parler à nos estomacs.

Nous partons dès le lendemain en exploration. Adélaïde est une ville assez petite (en comparaison avec Sydney et Melbourne). Malgré qu’il y ait plus d’un million d’habitants, la sensation que l’on a quand on se balade dans ses rues est la sorte de « attitude zen » qui y règne. En effet, une fois sortis du Central Business District, nous avons une l’impression d’être dans une ville de 10000 habitants.

Adélaïde regorge de surprises.
La première est la possibilité d’emprunter des vélos pour la journée, ce qui permet de joindre l’utile à l’agréable et découvrir les rues d’Adélaïde au fil des tours de roues. Cela nous a permis aussi de découvrir un peu les environs.
La deuxième, et peut-être la plus importante, pour nous français en vadrouille, la Découverte du marché couvert.


Imaginez vous un peu nos têtes, après des longs mois de diète alimentaire à l’australienne, nous nous retrouvons « chez nous ».
Poissonniers à la criée.

Maraîchers vendant fruits et légumes de toutes les couleurs et certainement de tous les goûts avec parfois des formes exotiques pour ne pas dire bizarres.

De vrais épiceries, nos narines ne peuvent s’empêcher de frémir en passant devant.

Mais surtout, des boulangerie où, pour la première fois depuis que l’on a posé un pied en Australie, ils vendent des baguettes à la française.

Des charcuteries avec de vrais saucissons, et enfin un fromager au stand garni comme il se doit.



Je viens de voir, dans ces derniers chapitres, que je ne fais que parler d’estomacs, pains, fromages… Bref de nourriture. Ce voyage m’a appris une chose, les français sont de vrais Hobbits (pour ceux qui ne sauraient pas ce qu’est un hobbit, référez vous au livre ou au film « Le seigneur des Anneaux »).
Nous étonnons les australiens (et autres « anglo-saxons ») par notre capacité à donner faim à quiconque nous entendrait parler de bouffe. Nous prenons un bon petit déj’ le matin, parfois un casse croute vers 10h, un repas à midi, un 4h, un apéro avant le repas du soir.
Bref nous avons une vraie culture de la nourriture que beaucoup d’étrangers n’ont pas, ce patrimoine culturel devrait être classé par l’UNESCO.

J’imagine mam en train de lire et sourire en se disant que ce voyage ne m’aura pas changé de ce côté-là. Je te remercie d’ailleurs pour m’avoir donner goût à tout.


Bon, revenons à Adelaïde et à ces nombreuses surprises.
Le Royal Botanic Garden est petit en comparaison avec ceux de Sydney et Melbourne, mais il est plein de charme. On y trouve la « maison jungle » (une sorte de hutte remplie de plantes tropicales), une place ressemblant un peu aux places de nos villages provençaux (platanes immenses, bancs publics…) et une sorte de serre ressemblant à un vaisseau spatial contenant un forêt tropicale.

Il y a aussi les événements culturels.
En se promenant, nous tombons dans une sorte de fête africaine avec des stands vendant de la nourriture (encore) de pratiquement tous les pays d’Afrique, des danseurs et danseuses bougeant au rythme des djumbés et autres instruments aux noms inconnus.
En rentrant au backpacker pour notre apéro, avec Laurie, nous tombons sur une manifestation pro-tibétaine et contre les JO de Pékin. Nous nous asseyons parmi tous les manifestants en entonnons au rythme des autres voies, un de ces chants de prière tibétain avec une bougie symboliquement allumée dans nos mains.
L’Australie semble être partager entre l’intérêt économique d’une relation amicale avec le géant chinois (Kevin Rudd, le 1er ministre ne cesse de faire des allers retours de courtoisie entre la chine et l’australie) et le fait de reconnaître que ce fameux géant viole sans gène et aux yeux du monde entier le respect des droits de l’homme les plus élémentaires (le même Kevin Rudd envisage si je me souviens bien le boycott).
Un peu comme les pays du monde entier, vous me direz, tous dans le même panier de crabe.
Parfois je me dis que nous ne retenons pas les leçons de l’histoire. Souvenez-vous de l’Allemagne nazie grandissante durant les années 30.
Pourquoi sur un accord international, ne tournons nous pas le dos tous ensemble à la Chine ?
Au lieu de se battre pour lui lécher le c** à coup d’accords commerciaux.
Bon ok, je reconnais que tourner le dos à l’usine du monde n’est pas une décision aisée à prendre et non sans conséquence, mais une usine qui ne pourrait vendre ses stocks, se retrouverait dans une situation délicate elle aussi.
Certains diront peut-être que je contamine le blog avec de la politique un peu comme le sport l’a été ces derniers temps par toute cette histoire.
Mais c’est maintenant ou jamais non ?

Human Right.

Après cette semaine presque gastronomique, Laurie et moi reprenons le train pour le Far West et Perth. Romain nous y rejoindra dans une semaine.